Dominique
Quand, tourné vers le ciel, on voudrait pleurer et que là-haut, tout à coup, à la queue leu leu, trois petits nuages roses prêtent à rire ; quand à la mi-février on s'y croit déjà, et que le vingt-huit du mois, de nouveau, la neige le dispute au printemps ; quand d'un grand malade on entend dire qu'il va mieux et que, le lendemain, il est mort ; quand après le va-et-vient on va doucement, et puis presque plus, parce que c'est dangereux ; quand après avoir roulé longtemps l'avion attend et que, brusquement, il nous emporte; quand, en plein milieu de la journée on se dit "Oh là là, il faut que j'appelle Maman" et que ce n'est plus la peine, depuis deux ans déjà ; quand un matin après l'hiver, on fait fête au premier grand beau temps et qu'on se souvient qu'on est vieux ; quand au coup de sonnette on va, la serviette à la main, ouvrir la bouche pleine, et que c'est une bonne nouvelle; quand on apprend que trois frères existent, qui font de la musique; quand on ne croit plus à rien, et qu'encore une fois la vie s'emballe... Toutes fois que le temps a comme un hoquet, toutes fois que le temps marque un temps, il faut prendre le pas..."
Raphaële Billetdoux "Mélanie dans un vent terrible"
Raphaële Billetdoux "Mélanie dans un vent terrible"
Libellés : Billetdoux


0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home