Il faut attendre... la bonne heure... quand il fait un ou deux degrés de moins. Pas moins car alors ils se méfient, et ferment tout.
Il faut les prendre par surprise, pendant qu’ils parlent... viser la pulsation, l’intérieur des bras, le poignet, le creux poplité (ah ! Le creux poplité ! Quel délice quand on peut l’atteindre !)... viser pendant qu’ils parlent encore, qu’ils ne s’occupent pas de nous, qu’ils sont tout chauds et vivants, tout présents à eux-mêmes, mais à leurs pensées, leurs échanges, leurs petits commerces humains. Viser quand ils oublient leur corps.
Mais si ça ne marche pas, il faut attendre encore, attendre la nuit. C’est plus risqué car leurs oreilles deviennent plus aiguisées et ils semblent nous entendre très bien, et (pire !) quelquefois ils nous voient ! Mais pas de panique : ils ne nous attrapent pas. Quand leur respiration se fait plus régulière, on peut viser les pieds, mais toujours dans les recoins des pieds, hein, des endroits peu accessibles (par exemple sous le coussinet du troisième orteil) . Encore un peu de patience, et ils émettent un bruit de moteur assez caractéristique : c’est là que le liquide est le plus accessible : il coule à flots ! attention cependant à ne pas en abuser car il arrive qu’il soit chargé d’une autre substance inconnue (souvent rouge aussi) qui nous fait dévier de notre trajectoire... c’est un phénomène assez mystérieux (un mystère de plus !) qui donne une sorte de bien-être pendant le vol.