dimanche 30 juillet 2006

Herbe dodue






Nuages, feuillages,
Bouts de cailloux, bouts de brindilles,



Cheminées, graminées,
Le vent, le temps, et quoi?



De ce qui passe,
De ce qui reste
Dessus, dessous,



De ce qui vient,
Qui ne vient pas,


Ne viendra pas,

Fleurs de granit,
Œil de zénith,



Eau mal tendue,
Herbe dodue.



Je suis présent, je vous attends.
Je n'ai pas mal.

Eugène Guillevic, Etier, poèmes 1965-1973, Gallimard 1979, p. 102.

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vendredi 28 juillet 2006

Marcher



En même temps, à l’intérieur (le sang, le mouvement des jambes, des pieds, du corps, des pensées) et à l’extérieur (le mouvement des bâtiments, des couleurs, des feuilles, des arbres, des écorces, de la lumière...), et aussi le mouvement entre ces deux mouvements, de l’un à l’autre, le corps prend l’eau, intérieur extérieur, près, tout près, point lumineux, loin, vertical, penché, horizontal... le morse de la rue... un message secret.

mercredi 26 juillet 2006

La rue






"Une rue tourne et passe dans la vitre comme une journée entière, avec sa fatigue."

Henri Thomas

dimanche 23 juillet 2006

Vendredi soir orange






Experience is never limited, and it is never complete; it is an immense sensibility, a kind of huge spider-web of the finest silken threads suspended in the chamber of consciousness, and catching every air-born particle in its tissue.
Henry James

dimanche 16 juillet 2006

La manne céleste (deuxième essai)

Voici un petit texte de J.-M. Pelt, tiré des "Langages secrets de la nature" (éditions le livre de poche, page 50-52)



http://www.storethisfile.com/files/default/J.M.Pelt_la_manne.WAV

dimanche 9 juillet 2006

En lisant en écoutant

"Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge.
Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour tout faire bouger."

Julien Gracq, entretiens avec Jean Paget, sur France Culture.

vendredi 7 juillet 2006

Les pas de la fourmi

Je viens de lire un article passionnant : http://www.sciencepresse.qc.ca/manchettes.html
qui parle de l’orientation de la fourmi : comment fait-elle pour s’orienter dans le désert du Sahara où les repères visuels sont rares et où la température assèche les odeurs ? elle a peut-être un podomètre intégré ! Mais le plus intéressant, c’est l’enthousiasme des scientifiques, c’est de les imaginer en train de poser de petits bouts de bois aux pattes de la fourmi pour voir si elle saura rentrer chez elle quand même, et puis de les imaginer en train de mesurer la distance parcourue en trop, la déviation de la fourmi ! Cette concentration-là, cette volonté de savoir, ces expériences pour comprendre ce qui se passe chez une petite créature vivante, à l’intérieur de son petit organisme mystérieux, c’est aussi beau, aussi intéressant, aussi extraordinaire que le résultat de leur recherche.

mercredi 5 juillet 2006

Le poète

"Le poète se livre à la vie des formes et des couleurs. Il accélère le mouvement de tout de qui vit et de tout ce qui resplendit."

Gaston Bachelard, Causeries

lundi 3 juillet 2006

Les envahisseurs

Il faut attendre... la bonne heure... quand il fait un ou deux degrés de moins. Pas moins car alors ils se méfient, et ferment tout.
Il faut les prendre par surprise, pendant qu’ils parlent... viser la pulsation, l’intérieur des bras, le poignet, le creux poplité (ah ! Le creux poplité ! Quel délice quand on peut l’atteindre !)... viser pendant qu’ils parlent encore, qu’ils ne s’occupent pas de nous, qu’ils sont tout chauds et vivants, tout présents à eux-mêmes, mais à leurs pensées, leurs échanges, leurs petits commerces humains. Viser quand ils oublient leur corps.
Mais si ça ne marche pas, il faut attendre encore, attendre la nuit. C’est plus risqué car leurs oreilles deviennent plus aiguisées et ils semblent nous entendre très bien, et (pire !) quelquefois ils nous voient ! Mais pas de panique : ils ne nous attrapent pas. Quand leur respiration se fait plus régulière, on peut viser les pieds, mais toujours dans les recoins des pieds, hein, des endroits peu accessibles (par exemple sous le coussinet du troisième orteil) . Encore un peu de patience, et ils émettent un bruit de moteur assez caractéristique : c’est là que le liquide est le plus accessible : il coule à flots ! attention cependant à ne pas en abuser car il arrive qu’il soit chargé d’une autre substance inconnue (souvent rouge aussi) qui nous fait dévier de notre trajectoire... c’est un phénomène assez mystérieux (un mystère de plus !) qui donne une sorte de bien-être pendant le vol.

samedi 1 juillet 2006

Lumières et ombres