lundi 21 avril 2008

L'attente

C'est la vie au ralenti,
c'est le cœur à rebours,
c'est une espérance et demie :
trop et trop peu à son tour.

C'est le train qui s'arrête en plein
chemin sans nulle station
et on entend le grillon
et on contemple en vain

penché à la portière,
d'un vent que l'on sent, agités
les prés fleuris, les prés
que l'arrêt rend imaginaires.
(1926)

(Rilke a écrit ce poème directement en français).

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dimanche 6 avril 2008

Poésie

Jean-Michel Maulpoix, à propos de "devant la parole" de Valère Novarina :

La poésie, c'est de « l'alcool d'homme », le très volatil distillat de l'existence et de la chair, le soufflle de « notre habitat léger », de notre corps de « pauvre terre ». La poésie est « une parole soufflée dans le bonhomme de terre ».Par la parole, je suis étrange, je suis vivant. La langue fait mémoire : oeuvre ou réserve, elle se dépose en alluvion sur la réalité. La parole s'élance et recherche : elle fuit, elle s'enfuit, elle souffle. A l'intérieur sont les ailes de l'homme : deux poumons qui font le souffle, deux sacs d'air d'où sort la parole. Des ailes non pour l'envol, mais pour le poème. Au dedans, le battement du proche et du lointain. Au dedans, l'Azur. Au dedans ce vide qui aspire l'espace. A ce dedans, pour ces poumons-là, il faut une bouche.