Le lendemain matin
Le lendemain matin (bien qu'on eût soigneusement isolé le troupeau, et, pour la nuit, on le poussait sous une roche), le lendemain matin, deux bêtes de nouveau ont été atteintes par la maladie.
Ils ont été chercher de nouveau la hache à long manche ; ils se sont remis à creuser.
Sous le beau ciel, par le beau temps ; car il a fait beau sans interruption tous ces derniers quinze jours, avec une frange de froid régnant encore le matin, le long des parois, du côté de l'ombre, faisant place à une grande chaleur pleine de mouches et de taons.
Ils étaient regardés seulement depuis là-haut, par cette bande de ciel bleu ; il n'y a eu qu'elle, tous ces quinze jours, et elle a été toujours la même, ramenant sur ses bords, à chaque lever de soleil, un même bel arrangement de tours, de pointes, d'aiguiles, de dents.
Le beau temps allait là-haut, sans s'occuper de vous, avec son horlogerie ; et des hommes sont dessous, mais est-ce qu'ils sont seulement vus ? quand il y a ces quatre points, et ce cinquième ; puis plus aucune autre chose vivante, par toute la grande combe et au delà sur le chemin, parmi la rocaille et les éboulis ; sauf les ombres qui lentement tournent, un arbre qui bouge, un choucas, une corneille, ou bien l'aigle immobile sur ses ailes haut dans l'air, comme s'il pendait à un fil.
Et quatre hommes là, vus ensemble, puis un cinquième qui s'éloigne d'eux, allant dans la direction du glacier ; et, parfois, vers le soir, l'un des quatre aussi s'en allait, mais dans la direction contraire : c'est-à-dire jusqu'à la porte qui ouvre sur la vallée.
Joseph, arrivé là, choisissait un point dans le ciel.
Le point qu'il choisissait dans le ciel était juste au-dessus du village ; il n'avait plus ensuite qu'à se laisser tomber de là-haut, droit en bas.
Ramuz, _La Grande Peur dans la montagne_
Ils ont été chercher de nouveau la hache à long manche ; ils se sont remis à creuser.
Sous le beau ciel, par le beau temps ; car il a fait beau sans interruption tous ces derniers quinze jours, avec une frange de froid régnant encore le matin, le long des parois, du côté de l'ombre, faisant place à une grande chaleur pleine de mouches et de taons.
Ils étaient regardés seulement depuis là-haut, par cette bande de ciel bleu ; il n'y a eu qu'elle, tous ces quinze jours, et elle a été toujours la même, ramenant sur ses bords, à chaque lever de soleil, un même bel arrangement de tours, de pointes, d'aiguiles, de dents.
Le beau temps allait là-haut, sans s'occuper de vous, avec son horlogerie ; et des hommes sont dessous, mais est-ce qu'ils sont seulement vus ? quand il y a ces quatre points, et ce cinquième ; puis plus aucune autre chose vivante, par toute la grande combe et au delà sur le chemin, parmi la rocaille et les éboulis ; sauf les ombres qui lentement tournent, un arbre qui bouge, un choucas, une corneille, ou bien l'aigle immobile sur ses ailes haut dans l'air, comme s'il pendait à un fil.
Et quatre hommes là, vus ensemble, puis un cinquième qui s'éloigne d'eux, allant dans la direction du glacier ; et, parfois, vers le soir, l'un des quatre aussi s'en allait, mais dans la direction contraire : c'est-à-dire jusqu'à la porte qui ouvre sur la vallée.
Joseph, arrivé là, choisissait un point dans le ciel.
Le point qu'il choisissait dans le ciel était juste au-dessus du village ; il n'avait plus ensuite qu'à se laisser tomber de là-haut, droit en bas.
Ramuz, _La Grande Peur dans la montagne_
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